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Distributions de secours à Haïti: le prestige de l’emblème

Citee Renault a Port-au-Prince.

Citee Renault a Port-au-Prince.

Les distributions de secours montent en puissance à Haïti. Bientôt, l’opération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge atteindra son premier objectif consistant à fournir une aide non alimentaire à quelque 5000 familles par semaine. Contrairement à ce qu’on peut lire et entendre dans les médias, ces distributions se déroulent dans l’ordre et dans le calme.

“Nous procédons à des distributions fréquentes et très ciblées”, rapporte Charles Blake, de l’équipe de secours de la Fédération internationale à Haïti. “Nous n’avons pas besoin d’escortes armées, de barbelés ou de gaz lacrymogènes – nous nous appuyons sur le prestige de l’emblème et sur la confiance accordée par la population à la Croix-Rouge haïtienne.”

Priorité aux femmes

Et cela fonctionne. Au camp de personnes déplacées de Cité Renault, à la périphérie de la capitale, des centaines de personnes font tranquillement la queue. “Nous ciblons en priorité les femmes enceintes, puis les autres femmes, les personnes âgées et, enfin, les hommes”, explique Charles.

Parmi les centaines de femmes à bénéficier de la distribution se trouve Ismene Caiis (à droit), vendeuse sur les marchés, qui a patienté trois heures dans la file.

Parmi les centaines de femmes à bénéficier de la distribution se trouve Ismene Caiis (à droit), vendeuse sur les marchés, qui a patienté trois heures dans la file.

“Les volontaires de la Croix-Rouge haïtienne visitent les campements deux jours à l’avance, discutent avec les représentants de la communauté et distribuent les tickets. Ainsi, les bénéficiaires se sentent étroitement associés aux distributions, tout comme la Croix-Rouge fait intimement partie de la communauté.”

Chaque ticket donne à son possesseur le droit à une couverture, une moustiquaire, deux cartons d’articles d’hygiène tels que savon, dentifrice et shampooing, ainsi qu’à un assortiment d’assiettes, casseroles et couverts.

Parmi les centaines de femmes à bénéficier de la distribution se trouve Ismene Caiis, vendeuse sur les marchés, qui a patienté trois heures dans la file. La distribution a lieu à un endroit proche du camp dont l’accès peut être bloqué au cas où la foule s’agiterait.

“Cela arrive parfois, surtout vers la fin de la journée, quand les gens ont l’impression que les secours vont manquer. Mais toute personne détentrice d’un ticket est assurée de recevoir son colis”, note Charles.

Ismene et son cousin Leckson Michel, enseignant, traversent une foule en ce moment parfaitement disciplinée pour regagner la tente que la jeune femme de 25 ans partage avec sa fille, 9 ans, et son fils, 8 ans. La “tente”, qui consiste en draps tendus sur des branches, a la taille d’un lit pour deux personnes. Un morceau de carton fait office de tapis.

Un dénuement total

“Nous ciblons en priorité les femmes enceintes, puis les autres femmes, les personnes âgées et, enfin, les hommes”, explique Charles Blake de l’équipe de secours de la FICR à Haïti.

“Nous ciblons en priorité les femmes enceintes, puis les autres femmes, les personnes âgées et, enfin, les hommes”, explique Charles Blake de l’équipe de secours de la FICR à Haïti.

“Ces articles sont précieux pour nous”, commente Ismene, enchantée de sa vaisselle. “Bien sûr, il faut encore trouver de quoi manger, mais ces objets sont les bienvenus, car nous avons tout perdu dans le tremblement de terre.”

La Croix-Rouge espagnole a aménagé des points d’eau dans le camp et la Croix-Rouge du Japon a ouvert une clinique à proximité. Camp Renault n’est pas un endroit idéal, mais, au moins, certains des besoins les plus vitaux sont satisfaits.

Le gros souci, maintenant, ce sont les abris, car la période des pluies, en mai, sera suivie par la saison des ouragans. “Nous avons distribué des bâches en plastique et des outils à des milliers de familles, mais l’énorme concentration de personnes déplacées représente un sérieux problème.

Au moins, les bâches goudronnés leur assurent un peu d’ombre pendant la journée et les protégeront des pluies le moment venu”, note Corinne Treherne, de l’équipe abris de la Fédération internationale. “A moyen terme, la solution consistera à les aider à se réinstaller dans leurs foyers ou parmi des familles d’accueil.”

Joe Lowry, Fédération internationale, à Port-au-Prince

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